
Cet article a été rédigé par Jérôme Giusti, avocat au barreau de Paris et spécialiste en Droit de la Propriété Intellectuelle. Il est le co-fondateur du cabinet 11-100-34, spécialisé dans le conseil et l'accompagnement d'entreprises innovantes dans les secteurs de la création, des nouvelles technologies, des télécommunications et des médias.
La sénatrice Jacqueline Panis a présenté une proposition de loi visant à incriminer l'usurpation d'identité numérique. Une telle proposition avait déjà été présentée en 2006, mais le gouvernement l'avait écarté car il estimait qu'il n'était pas nécessaire de modifier la législation.
Pourtant, l'usurpation d'identité sur Internet est un vrai fléau qui prend de plus en plus d'ampleur, les techniques utilisées pour récupérer les données concernant une personne étant de plus en plus sophistiquées. Il existe plusieurs méthodes, certaines simples d'autres plus complexes, permettant de se faire passer pour un autre. On peut très facilement trouver toutes sortes d'informations à caractère personnel sur les sites web, les blogs, les moteurs de recherche et les utiliser pour se faire passer pour un autre. On peut aussi accéder frauduleusement aux bases de données afin d'obtenir des informations relatives aux personnes, l'actualité étant souvent marquée par des hackers qui dérobent des numéros de cartes bancaires (1), ou par la perte ou la révélation de données personnelles de milliers voire de millions de personnes. D'autres techniques plus sophistiquées sont l'œuvre de " professionnels ". Le " phishing " est la plus célèbre. Cette technique consiste à adresser un courriel à un internaute, en se faisant passer pour une banque, une entreprise ou une administration, afin de lui soutirer des informations personnelles (mot de passe, numéro de carte de crédit, codes confidentiels, etc …). D'autres méthodes plus complexes consistent à pirater le nom de domaine d'un site pour attirer l'internaute sur un autre site sans qu'il ne s'en aperçoive (" pharming ") ou à usurper l'adresse IP d'une machine pour récupérer des données en se faisant passer pour celle-là (" spoofing ").
En l'état actuel du droit, il n'existe pas de texte spécifique (2) et les dispositions existantes ne sont pas satisfaisantes. En premier lieu, l'usurpation d'identité n'est un délit pénal que dans des cas très précis d'utilisation d'une fausse identité, c'est-à-dire dans un acte authentique ou un document administratif destiné à l'autorité publique (3) ou pour faire établir un extrait de casier judiciaire (4). De plus, l'article 434-23 du code pénal punit de 5 ans d'emprisonnement et de 75 000
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